Je pensais avoir passé le cap, le point de non retour, ça faisait presque 2 ans que j'avais arrêté...

Tout le monde connais ça... j'avais arrêté parce que j'en avais ras le bol !
Ras le bol d'ouvrir la bouche devant le miroir et de voir cette langue décolorée, ces dents dégueulasses, ras le bol de cette odeur qui s'inscrustait sur mes fringues, ras le bol de me sentir mal à l'aise en montant les escaliers, le souffle court.
Ras le bol de cracher couleur de sang...

Les soirées entres amis, le week-end en solitaire devant la télé, au petit déjeuner avec le café, au pieu après une kamasutra party : tous ces moments qui sont intimement liés à cette foutue dépendance, à cette merde qui me pourrit la santé.

Il y a des jours où on n'y pense pas et d'autres où c'est un combat de tous les instants !
Voir comment la volonté peut si facilement s'effriter, être réduit en cendres en un instant, c'est tout simplement terrifiant.
Le plus dur quand on a arrêté, c'est de se rappeler les bons souvenirs qui sont liés à cette dépendance, les soirées entres potes autour d'un paquet... la tronche du copain quand on en pique la dernière ! C'était vraiment drôle.
Arrêter c'est également arrêter un style de vie qui vous colle à la peau !
...
Mais hier soir, j'ai craqué...
Je ne me souviens même plus de ce qui m'a fait flancher, j'en avais juste envie ! J'étais en manque !
Deux années de combat qui partent en fumée, comme ça...
Je me suis jeté comme une bête affamée sur le premier paquet que j'ai trouvé.
Je me dégoûte !
Je m'étais promis de m'arrêter à la première et pourtant à la fin de la soirée, le paquet était vide...
J'suis qu'un gros con ! Tous ses efforts pour rien...

Et merde, j'ai repris la tagada !

Manger des fraises tagada en masse nuit surement à la santé